Kiki: un film vraiment jouissif

Prépare-toi à «moitiser» ta main dans celle de ta copine ou à mouiller dans ta petite culotte devant ton écran. La comédie érotique Kiki, l’amour en fête est en ce moment à l’affiche du cinéma les Scala. Golden shower, envie irrépressible de se masturber en plein enterrement, amour à trois… C’est au pays des pulsions sexuelles décalées et de l’amour que ce long métrage t’embarque. Le film suit cinq couples qui se battent pour rallumer la passion durant un été torride à Madrid. Une démarche qui va progressivement les mener à se découvrir des désirs sexuels hors du commun. Seul hic, ces plaisirs inavouables les placent face à un choix cornélien: céder à sa pulsion et l’assumer ou la cacher pour ne pas blesser et perdre son partenaire.

Pour son troisième film, le réalisateur espagnol Paco León, saisit à bras le corps tout ce qui, dans la sexualité, dérange et  échappe à la norme. Un pavé dans la marre. Une ôde à la tolérance. Une invitation à affirmer sa différence en dépit d’une vision encore très prédominante aujourd’hui, qui voudrait que la sexualité reste dans des petites cases bien rassurantes. Lundi-levrette, mercredi-missionnaire et les jours de fête on s’attache pour faire comme dans Fifty shades of grey. Mais quel ennui! Avec ce film, en tout cas, pas d’ennui ni de jugement, mais un tourbillon de rires et de liberté. Voilà qui pourrait te décomplexer, toi qui effaces religieusement l’historique de tes sites pornos te résignant à passer sous silence tes désirs les plus tordus.

« L’harpaxophilie correspond au plaisir d’être violé »

Mais de quels genre de déviances parle le film? Dacryphilie, somnophilie ou encore harpaxophilie sont quelques unes des façons très spéciales d’éprouver du plaisir que vont expérimenter les personnages. Selon la définition de l’imparable source de connaissance Wikipédia, la dacryphilie est une pratique dans laquelle un individu est sexuellement attiré par les larmes ou les pleurs. Ainsi dans le film, une femme découvre qu’elle est prise d’une impérieuse envie de faire l’amour à son mari dès qu’elle le voit en larmes. Elle se met alors à redoubler de ruses pour provoquer un sentiment de tristesse chez lui. Et c’est cocasse. La somnophilie est incarnée par un homme dont la femme lui refuse tout geste d’affection depuis qu’elle a vécu un accident qui lui a paralysé les jambes. Il découvre alors du plaisir à lui faire l’amour pendant qu’elle est endormie. L’harpaxophilie correspond au plaisir d’être « violé » qu’expérimente l’une des protagonistes lors d’une agression dans une station service.

Bon bien sûr, tout ça, c’est choquant hein… Et avec de telles perversions, ce long métrage pourrait virer carrément glauque. Mais il n’en est rien. D’abord le film ne fait pas dans le pornographique mais dans l’érotisme. C’est cru sans être vulgaire. Les scènes de sexe et d’excitation sont suggérées. Une glace qui fond, des fruits juteux, des lèvres, des regards, des gestes… Tout est fait pour laisser place à un imaginaire stimulé par des images à l’esthétique d’un Almodovar: couleurs vives et sublime lumière madrilène. Les acteurs sont justes, touchants et leur importante liberté d’improvisation, voulue par le réalisateur, donne de la crédibilité et une profonde humanité à leurs personnages. Des aspects d’autant plus importants que le but visé est, bien entendu, que toi, le spectateur, tu t’y identifies.

« On a tous une pulsion plus ou moins déviante. Plus ou moins avouable. Plus ou moins réalisée. »

Alors bon, tu n’as peut-être pas besoin de voir quelqu’un fondre en larmes pour atteindre la jouissance ou l’idée d’une agression simulée ne t’excite guère mais tu as sans doute toi aussi, tes petits secrets. On a tous une pulsion plus ou moins déviante. Plus ou moins avouable. Plus ou moins réalisée. Un truc que tu pensais toujours garder au fin fond de toi-même au risque d’ouvrir la boite de Pandore.

Eh bien ce film pourrait bien t’inspirer une nouvelle attitude à adopter (tant que tu restes, bien sûr, entre adultes consentants et dans les limites de la légalité). Kiki est une véritable invitation à exprimer tes fantasmes et à dépasser le qu’en dira-t-on. Un coup de pied jouissif dans la fourmilière. Un bol d’oxygène qui donne envie de faire un pas de côté en sautant à pieds joints et d’aimer, crier, jouir. Il est encore temps… L’été n’est pas fini.

OOOOh oui!

Bande d’annonce.